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 i never meant to start a fire (keith)

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MessageSujet: i never meant to start a fire (keith)   Jeu 22 Déc - 20:20

i never meant to start a fire
keith & tiago
Ce n'étaient plus les vitrines froides de la matinée ; maintenant, elles paraissaient comme chauffées et vibrantes de la trépidation intérieure. Du monde les regardait, des femmes arrêtées s'écrasaient devant les glaces, toute une foule brutale de convoitise. Et les étoffes vivaient, dans cette passion du trottoir : les dentelles avaient un frisson, retombaient et cachaient les profondeurs du magasin, d'un air troublant de mystère ; les pièces de drap elles-mêmes, épaisses et carrées, respiraient, soufflaient une haleine tentatrice ; tandis que les paletots se cambraient davantage sur les mannequins qui prenaient une âme, et que le grand manteau de velours se gonflait, souple et tiède, comme sur des épaules de chair, avec les battements de la gorge et le frémissement des reins.
au bonheur des dames, e. zola

 
Ton téléphone entre les mains, tu pianotes un texto pour Alex. Tu ne pourras pas être à l'heure à la maison, ton client insistant très lourdement pour que tu ailles au restaurant avec lui pour te remercier du travail accompli. Il pense réellement que ça te fera plaisir, et ne t'as de toute façon pas laissé le temps de refuser ou d'opposer des arguments contraires. Tu t'inclines, après tout il te payes suffisamment pour que tu te sentes obligé d'accepter. La réponse de ton compagnon ne tardes pas à arriver, il comprend et il ne semble qu'un peu déçu. Il devait s'en douter. Ça te mets mal à l'aise, tu aurais presque préféré un message sec, ou autre chose, plutôt qu'une silencieuse acceptation. Tu voudrais planter là ton client pour rentrer chez toi auprès de ton homme, mais il veut absolument t'inviter dans ce nouvel établissement à San Francisco, soit-disant le top du top. Il te fais miroiter plats irrésistibles, desserts somptueux et vins délicats. Toi, tu te serais bien contenté d'une pizza, mais ton avis gustatif, il s'en fiche ce soir. Et tu sais que face à quelqu'un d'aussi têtu, mieux vaut plier tout de suite, tu seras rentré plus vite. Alors tu acquiesces, tu fais un grand sourire et tu rentres à la suite de l'homme qui, surprise, avait réservé une table pour deux. Tu tiques, mais tu ne dis rien de plus et tu suis le maître d’hôtel jusqu'à la table près des cuisines. Tu détestes cette place, tu es trop proche des cuisines et tu as constamment l'impression de reconnaître la voix du chef qui hurle à ses commis. Ça n'est pourtant qu'un effet de ton imagination, puisque aucun éclat de voix ne se fait entendre. La carte arrive, il commande du vin et le plat du jour. Tu hausses un sourcil lorsqu'il semble ne pas prendre en compte ton envie et qu'il commande la même chose pour toi. Tu trouves ça ironique, il te payes pour donner ton avis et tes conseils, et il n'est pas fichu de t'écouter pour des sujets qui te concernent toi. Égoïste. Enfin, tu n'essaies même pas de changer quoi que ce soit, tu n'as pas faim, et il n'a pas commandé du poisson, c'est déjà ça. La soirée débute, il parvient à se faire la conversation tout seul. Toi, tu souris bêtement, impatient d'en terminer. Tu rêves à tes pénates et aux baisers de ton homme, pas de ce sourire étrange que ton client te montre. Et puis, tu sens sa gêne, sa retenue sur certains sujets et son exubérance sur d'autres, tu n'arrives pas à le cerner ce soir et tu mets ça sur le compte du vin. Au prochain rendez-vous, tu lui conseilleras de se limiter à un verre ou deux, pour ne plus perdre pied et éviter qu'il ne se ridiculise. Ton professionnalisme soupire de soulagement à l'idée que vous ne soyez que tous les deux cette fois. Néanmoins, le repas s'achève et tu lèves la main pour demander l'addition qu'il t'arrête. Il n'as pas prévu de s'arrêter là et c'est à lui d'interpeller un serveur pour qu'il aille chercher le chef. Il tiens lui-même à féliciter le chef pour le repas. Tu lèves les yeux au ciel, acceptant encore une fois patiemment ce contretemps. Qu'est-ce que tu ne ferais pas pour tes clients.
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MessageSujet: Re: i never meant to start a fire (keith)   Ven 30 Déc - 10:56

L’euphorie de ta passion. Les gestes se veulent précis, la concentration maximale, tandis que tu t’affaires à réaliser ton plat. Tu donnes quelques ordres, sans crier, juste en étant ferme et efficace. Ici, tout le monde te respecte, tout le monde t’écoute, tout le monde supporte tes humeurs même si la plupart du temps, ton professionnalisme l’emporte. Ce que tu veux, ce que tu fais ici et que tu inculques à tous, c’est l’excellence, la perfection. Le client doit être transporté par les saveurs et la finesse de ses plats. Le client doit revenir car il sait qu’ici, il goutera des plats introuvables ailleurs. Des plats uniques, que tu as toi même élaborés après les années passées aux côtés des meilleurs, dans les meilleurs restaurants. Le service presque terminé, les derniers clients s’attardant sur leurs desserts, tu commences à ranger la cuisine, à trier les aliments restant, à inventorier ce qui pourra servir pour le lendemain, lorsqu’un des serveurs vient te trouver pour te dire qu’un des clients, de marque, veut te rencontrer pour te féliciter. Tu lèves les yeux au ciel, légèrement agacé, tu n’aimes guère sortir de ta cuisine pour te frotter à la clientèle, mais tu sais aussi que cela fait partie du jeu et que tu ne peux pas y échapper. Que tu te dois de sourire, d’apprécier les compliments et les remarques. Que tu dois faire vendre et faire remarquer ton restaurant. Alors, essuyant tes mains dans un torchon blanc que tu balances ensuite au hasard d’un de tes employés, tu te diriges vers la cuisine, vêtu de ton uniforme blanc de chef, immaculé, au col bleu blanc rouge signifiant une de tes grandes récompenses en tant que chef en France. Le serveur te dirige jusqu’à la table avant de te présenter aux deux clients, dont un bien moins bougon que l’autre. Dont un plus joyeux, plus emporté, probablement plus alcoolisé. Tu ne remarques pas de suite le deuxième, plus discret, alors que le premier se lance dans divers compliments sur ta cuisine et que tu souris en coin. Mais lorsqu’enfin ton regard balaye leur table et viens se poser sur l’autre client, tu affiches une mine surprise, fronçant légèrement les sourcils. Ce type là, tu le reconnais aisément comme celui qui t’a fait découvrir une passion sans précédent. Ce type pourtant discret, pourtant tranquille et agréable, qui se frottait à l’exubérance même qui émane de ta personne. Celui pour qui tu n’aurais jamais penser craquer et pourtant. Pourtant tu t’es retrouvé bien dépourvu face à cette fois de lui qui n’arrivait pas à te quitter. Alors, pendant que l’autre client parle, tu l’observes, ce Tiago dont tu te souviens parfaitement, malgré les deux années qui ont passées. Tu le dévisage presque, accordant de temps à autre un regard à celui qui s’exprime avec passion. Mais lorsque Tiago lève à son tour les yeux vers lui, tu lui adresses un simple clin d’œil, avant de détourner le regard pour le reposer vers l’investigateur de tout ce cirque, qui semble se calmer. « Je vous remercie messieurs, et j’espère vous revoir ici avec plaisir » Lâches-tu avec un ton agréable et poli dont tu as la spécialité lorsqu’il le faut, avant de leur serrer la main à tous les deux, instant davantage sur celle de Tiago. Bloquant l’instant un peu plus, la caressant légèrement de ton pouce. Tu es un salopard. Un salopard qui joue surement un peu trop avec ce type auquel tu as pourtant dis pas mal d’horreurs avant de partir. Mais le retrouver là, c’est très clairement invraisemblable. Tu l’imaginais loin depuis le temps.
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MessageSujet: Re: i never meant to start a fire (keith)   Jeu 5 Jan - 22:29

i never meant to start a fire
keith & tiago
Ce n'étaient plus les vitrines froides de la matinée ; maintenant, elles paraissaient comme chauffées et vibrantes de la trépidation intérieure. Du monde les regardait, des femmes arrêtées s'écrasaient devant les glaces, toute une foule brutale de convoitise. Et les étoffes vivaient, dans cette passion du trottoir : les dentelles avaient un frisson, retombaient et cachaient les profondeurs du magasin, d'un air troublant de mystère ; les pièces de drap elles-mêmes, épaisses et carrées, respiraient, soufflaient une haleine tentatrice ; tandis que les paletots se cambraient davantage sur les mannequins qui prenaient une âme, et que le grand manteau de velours se gonflait, souple et tiède, comme sur des épaules de chair, avec les battements de la gorge et le frémissement des reins.
au bonheur des dames, e. zola

 
Tu n'aurais définitivement pas du accepter cette soirée. Tu voudrais mettre ton client dans un taxi pour chez lui, rentrer chez toi et passer une soirée à regarder la télévision. C'était ton programme. Même si tu ne peux pas réellement dire que tu as passé une soirée catastrophique puisque les plats étaient très bons et que tu t'es régalé. Pour autant, aller jusqu'à appeler le chef, tu trouves qu'il exagère un peu. Oui, c'est un conseil que tu donnes à tes clients, mais tu pensais avoir bien fait comprendre qu'avec toi, ce n'étais pas la peine de faire de l’esbroufe. Ce n'est pas toi qu'il faut impressionner, ce sont les autres. Tu notes dans un coin de ton esprit de lui faire savoir qu'il ne faut pas chercher à tout prix à faire la même chose avec chaque personne, mais plutôt de varier et s'adapter à la personnalité des autres. Que chacun se sente privilégié, unique, et non pas comme un parmi d'autres. Enfin, tu laisses tomber pour ce soir, ça n'est pas la peine d'insister auprès de ton client. Tu poses à nouveau tes yeux sur la table, avisant le verre offert par le restaurant, duquel tu savoures une gorgée. Ses joues sont d'un rose tendre, ses yeux brillent et son air aviné ne trompes personne, pas même le chef dont tu entends les pas approcher. Tu ne relève pas les yeux, tu laisses ton client s'occuper de complimenter le cuisinier. Tu n'aimes pas ça, tu n'aimes pas les chefs de cuisine. Trop de mauvais souvenirs, tu généralises à tous, sans aller plus loin que l'apparence initiale. De toute façon, ils sont toujours derrière leurs fourneaux, toujours en train de cuisiner. Tous les mêmes, tous les mêmes hypocrites. Ils sont sans intérêts, fades, pas agréables. Tu soupires, la politesse t'obliges à relever les yeux, ne serait-ce qu'un instant, pour saluer le chef. Ce n'est pourtant pas ton client qui risquerait de prendre mal ton manque de courtoisie, mais toi même alors que tu prends à cœur les plus élémentaires règles de politesse. Mais l'accent nouveau t'as trompé alors que tu lèves la tête. C'est cette pointe d'exotisme qui n'as pas fait remonter les souvenirs. Tu croises ses yeux, les siens, ces yeux d'un bleu si clair que tu as cru avoir oublié. Mais non, ce regard te surprends, tu le redécouvre, et tu n'es pas sûr de l'apprécier à nouveau. Tu détournes le regard, le clin d’œil à peine perçu. Tu lui en veux et tu n'aurais définitivement pas du venir manger ici. Ta main se crispe sur ta cuisse, alors que tu n'en peux plus d'entendre ton client. Tu as envie qu'il se taise, qu'il s'évanouisse qu'importe. Tu veux quitter le restaurant, son restaurant, avant qu'il ne te prenne d'autres envies moins avouables. De toute façon, il ne les mérites pas. Il ne mérite rien, et si tu ne tenais pas tant à ta réputation, tu te serais levé sans attendre et tu serais parti sans rien dire. Mais non, tu te forces à rester, à écouter d'une oreille les tentatives de se faire bien voir, les compliments lancés à la figure de ce chef qui as pourtant su te dire de belles choses. Seulement, ce sont les pires que tu conserves, les pires que tu t'obliges à revivre à cet instant. Alors quand enfin tu te lèves, que tu n'as pu retenir ce réflexe de tendre la main, et il se permet, il ose, caresser du bout du pouce ta main. Ton regard électrique, la mâchoire qui se crispe, tu l'enlèves au plus vite, lâchant d'un ton sec un « bonsoir » que tu espères désagréable à souhait. Tu souffles, évacuant cette tension qui t'animes, alors que tu lui tourne le dos et que tu marches vers la sortie.
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